A quand un train à l’heure « jeunes » ?

Publié le 15 décembre 2014

A quand un train à l’heure « jeunes » ?

A. Contextualisation :

Ce dimanche 14 décembre, la SNCB met en oeuvre son nouveau plan de transport. Celui-ci n’avait pas été modifié depuis 1998. Il a pour objectifs d’assurer le développement d’un service public plus sûr, plus ponctuel et plus performant et de réajuster l’offre en regard de la demande des voyageurs.

Dans ce cadre, il améliore sans conteste la vie des navetteurs empruntant les lignes les plus fréquentées grâce à deux changements principaux. D’une part, le cadencement des trains a été augmenté sur ces lignes, rythmant des départs au moins toutes les trente minutes sur de nombreux axes, permettant ainsi aux navetteurs de profiter de davantage de trains. Dans le même temps, l’offre de trains et donc de places assises est renforcée.

Cependant, ces points positifs sont sans commune mesure avec les bémols que ces changements engendrent. Premièrement, afin d’améliorer la ponctualité, il a été décidé de prendre en compte les travaux sur les infrastructures. Cela a pour conséquence un allongement généralisé des temps de parcours. Deuxièmement, si les correspondances pour les grandes lignes sont mieux assurées, leur nombre augmente.
Par ailleurs, l’amplitude des trains des lignes les moins fréquentées a été réduite : premiers et derniers trains sont supprimés. De même, on constate la diminution des dessertes de certains arrêts, qui sont dans des zones « moins densément peuplées ». Ces deux mesures ont pour conséquences des changements d’horaires importants, qui ne sont pas forcément adaptés à la réalité. Par exemple, à Beauraing, deux trains qui arrivaient à 7 h 10 et 8 h 16 ont été supprimés et remplacés par deux trains arrivant respectivement à 6 h 47 et 8 h 47. Le premier oblige les travailleurs à se lever et arriver plus tôt ; le second ne permet plus aux écoliers d’être à l’heure à l’école.
Afin que l’offre de transport garantisse l’accessibilité des zones d’éducation et d’emploi à partir des zones rurales, le cdH a exigé et obtenu que la SNCB évalue son offre de transport, dès la mise en oeuvre du plan. Nous nous montrerons particulièrement attentifs à ce que cette évaluation ait lieu.

On le constate, si ce plan améliore très partiellement l’offre de transport, certains points devront encore évolués, notamment en termes d’accessibilité dans les zones rurales. Or, la politique dans le domaine de la mobilité du gouvernement fédéral actuel nous fait craindre le pire. En effet, la ministre fédérale de la Mobilité a annoncé lors des débats budgétaires que la SNCB devrait économiser 666 millions d’euros entre 2015 et 2019. Quoi qu’en dise la ministre, ces économies auront forcément des répercussions sur l’offre de trains. Nous craignons de voir l’offre dans les zones les moins densément peuplées réduites ou supprimées, notamment en regard du contenu de l’accord de gouvernement. Celui-ci annonce en effet que « l’orientation client, le rapport qualité-prix et l’orientation vers la demande sous-tendront la révision du plan de transport 2017. » Le gouvernement indique ainsi clairement que la révision du plan se fera en fonction de la demande. Or, un service public doit s’adresser à l’ensemble des usagers, et non pas cibler les endroits où la demande est la plus forte. Un usager égale un usager, peu importe son origine.

C’est pourquoi les Jeunes cdH appellent le gouvernement fédéral à prendre en compte les zones rurales dans sa politique de mobilité. La SNCB, en tant que service public, ne doit pas seulement obéir à la loi de l’offre et de la demande. Au contraire, garantir l’accessibilité aux zones d’emploi et d’éducation à l’ensemble des citoyens, qu’ils vivent dans zones urbaines, péri-urbaines ou rurales.

Les Jeunes cdH demandent que :
- l’évaluation du plan de transport actuel lancée dès que possible et qu’elle permette de résorber les problèmes d’horaires ;
- la politique de la SNCB en matière d’accessibilité des transports tienne compte des zones rurales.

B. Propositions :

Ces propositions, reprises de manière synthétique sur le tract, seront diffusées sur les réseaux sociaux au court de la semaine du 15 décembre.

1. Mobilité en zone rurale : « Des horaires qui permettent à chacun d’accéder à l’école ou au travail » (Lundi 15 décembre)
Les zones les moins densément peuplées sont de moins en moins bien desservies. Le nouveau plan de transport de la SNCB prévoit notamment la diminution des dessertes des lignes les moins usitées, ainsi que la suppression des premiers et derniers trains de nombres de ces lignes. Or, des étudiants et des jeunes travailleurs qui utilisent quotidiennement ces lignes sont mis en difficulté par ces changements. Mais aussi par les modifications des horaires qu’implique la révision de ce plan. Ainsi, nombres de navetteurs quotidiens voient leurs trains supprimés et remplacés par d’autres dont les heures de départs et d’arrivés ne collent pas avec la réalité (heure de début de classe, d’embauche, etc.).
Dès lors, les Jeunes cdH demandent à ce que :
– À court terme, la SNCB tienne son engagement d’évaluer son offre de transport (comme le cdH l’avait exigé et obtenu) dès la mise en oeuvre du plan et ce afin de garantir l’accessibilité aux zones d’éducation et d’emploi à partir des zones rurales.
– À long terme, la politique de la SNCB en matière d’accessibilité des transports dans les zones rurales soit révisée.

2. Gares de Liège et Mons : « On pouvait rénover sans donner dans le luxe » (Mardi 16 décembre)
Diffusion de l’interview de Jacques Etienne, publiée dans le Vif du 14 septembre dernier.

3. Tarif préférentiel : « Pour un maintien des tarifs préférentiels pour les jeunes » (Mercredi 17 décembre)
L’accord de gouvernement fédéral stipule que la politique de gratuité de la SNCB sera évaluée. Les Jeunes cdH tiennent à rappeler leur attachement à l’accessibilité des transports en commun pour les Jeunes. Ce groupe serait particulièrement touché par une augmentation des tarifs : ils n’ont souvent aucun autre moyen de se déplacer. En effet, selon une enquête du conseil de la Jeunesse, près de 57,2% des jeunes utilisent le train fréquemment pour se rendre à leurs diverses activités (école, travail, loisirs et amis).
Dès lors, cette mesure engendrerait des difficultés d’accessibilité aux lieux d’enseignement, mais aussi aux lieux culturels et sportifs.
Les Jeunes cdH souhaitent que les politiques de gratuité et de tarifs préférentiels pour les jeunes soient maintenues.

4. Complémentarité TEC/SNCB : « Pour une collaboration des services de transports régionaux et fédéral » (Jeudi 18 décembre)
Sortir du train, arriver à l’arrêt de bus et se rendre compte qu’il est parti 5 minutes avant l’arrivée prévue du train. Combien de fois cela ne vous est-il pas arrivé ? Ces difficultés de correspondances, qui tendent à s’aggraver, engendrent un allongement du trajet pour de nombreux navetteurs, difficultés qui pourraient être évitées par une concertation entre les services TEC et SNCB. C’est pourquoi, les Jeunes cdH proposent que ces deux services collaborent afin d’offrir un service complémentaire.

5. « Pour le maintien des dessertes et des gares en zone rural » (Vendredi 19 décembre)
La SNCB est un service public, en tant que telle, elle se doit de proposer une offre de transport adéquat à l’ensemble des citoyens, qu’ils soient usagers de lignes très fréquentées ou de lignes plus petites. Or, nous notons que ces lignes sont menacées : tant par les changements d’horaires dus à la révision du plan, qui obligent nombres de navetteurs à prendre la voiture, que par la diminution des services en gare. En effet, nous observons la fermeture progressive des halls de gare et guichets des arrêts situés en zone rural. Le processus est à chaque fois le même : les horaires des guichets sont d’abord réduits, puis le guichet est supprimés, laissant place à un automate dans le hall, enfin, le hall de gare ferme : ne reste simplement qu’un arrêt. Or, la présence d’un guichet est important : il permet d’offrir des informations personnalisées aux usagers et conservent un contact humain entre la SNCB et le navetteur.
En tant que service public, la SNCB se doit d’offrir aux citoyens un service de qualité. C’est pourquoi, les Jeunes cdH demandent à ce que :
– la politique de transport de la SNCB ne privilégient pas, en termes d’horaire, les grandes lignes aux dépends des petites.
– Les guichets des ‘petites gares’ soient maintenus. Ces guichets sont importants : le con

6. Offre alternative : « Pour une offre « à la demande » pendant les heures creuses ». (Samedi 20 décembre). Afin de pallier au problème de mobilité dans les zones rurales et pour garantir un service de transport en commun efficace et efficient, les Jeunes cdH proposent d’étudier le système de transport en commun à la demande pour tendre vers une généralisation de celui-ci dans les zones moins peuplées et moins bien desservies. À l’instar de l’initiative des Telbus en Province du Luxembourg, mais aussi des expériences allemandes et françaises, nous souhaitons que soit discutée une telle opportunité au sein d’une plateforme rassemblant les acteurs de la mobilité et plus particulièrement les opérateurs de transports en commun. Basé sur l’offre de transport, sur les réalités auxquelles est confrontée la SNCB et sur les besoins de la population, ce transport à la demande permettrait le développement d’une politique de transport cohérente et attractive.